Jean-Baptiste

A propos

Sept mots-clés pour les plus curieux

Fondations

J’ai d’abord intégré l’Ecole Boulle en Métiers d’Art, section Bronze / Orfèvrerie. Cette formation classique inculque des valeurs qui restent : un apprentissage de méticulosité et d’exigence, de savoir-faire et de patience, l’esprit de compagnonnage aussi. J’ai, par la suite, déplacé mon intérêt pour l’objet et l’ornement vers d’autres disciplines : les architectures éphémères, et, plus particulièrement, le travail de la scène. J’ai complété mes études à l’École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT), au travers d’une formation de scénographe.

Scénographie

La scénographie est un art de l’éphémère qui n’est pas destiné à être regardé comme une œuvre en soi. A mon sens, le scénographe a une position initiale plutôt que centrale. Son travail n’est pas un acte d’artiste isolé. Au contraire, il doit être un pivot qui permet aux autres acteurs de développer, à leur tour, leur vision d’un projet, de l’amplifier jusqu’à le partager collectivement avec un public. Dans mon parcours, les espaces scéniques constituent l’ancrage historique et fondateur. Pour autant, j’ai très vite senti le besoin de naviguer dans le champ élargi des pratiques de la scénographie, de ne pas chercher uniquement dans le spectacle vivant.

“Construire pour le temps d’un regard.” Guy Claude François

J’ai débuté mon travail sur des pièces de théâtre et des projets de danse contemporaine. Une période faite d’assistanats, de partage avec de jeunes compagnies, de participation à des workshops. J’ai aimé travailler avec des metteurs en scène autour d’un texte, définir un cadre, un point de départ. Concevoir et habiller le lieu de l’action, le dessiner et le bâtir. Quel que soit le projet, le scénographe s’adresse avant tout à un spectateur dont il capte le regard. Je suis convaincu que le spectateur au théâtre, comme lors d’un défilé ou d’un concert, vient chercher une émotion. C’est cette recherche qui m’anime le plus.

Conception

Mon intérêt réside pour beaucoup dans le travail préalable à la production, le temps de la recherche, l’exercice de la conception. Indépendamment du domaine d’intervention, il faut être attentif aux mots glanés lors des discussions préliminaires au projet, repérer les indices, élaborer une stratégie. J’aborde cette étape comme la résolution d’une énigme. La phase de conception s’échafaude de mille manières selon les interlocuteurs ou les commanditaires du projet. Il n’y a jamais de recette. La seule constante reste l’observation du site dans lequel on s’installe. Tout part de là.

Mode

Les événements autour des métiers de la Mode et du Luxe constituent, actuellement, mon principal terrain d’expériences. L’objectif étant de prolonger visuellement l’univers d’un designer et de ses collections mais également de respecter l’identité d’une maison ou d’une marque, de l’accompagner dans un moment précis de communication.

Travailler dans la mode, c’est du mouvement, de la nouveauté permanente, cela foisonne, tout le temps. C’est le lieu de l’éphémère par excellence. Elle force à se réinventer, à se remettre en question, à être souple, en éveil. C’est aussi l’inverse de la monoculture. La mode se nourrit de références variées provenant d’autres disciplines, du cinéma, des arts plastiques, du design ou, parfois, plus simplement, de la rue et du monde qui nous entoure. C’est extrêmement stimulant et cette recherche perpétuelle se traduit dans une grande diversité des vocabulaires scéniques et plastiques employés.

Avec la mode, il y a aussi un paramètre bien spécifique : le travail de l’image. Les évènements sont captés, photographiés, diffusés sur de multiples supports et plateformes. Bien que mes interventions se concentrent en premier lieu sur l’espace, il s’agit aussi de produire des images fortes.

Technique

Je porte un grand intérêt aux outils contemporains, à ce que la technologie permet de réaliser et d’expérimenter, aujourd’hui. Les évènements autour de la mode sont l’opportunité d’utiliser des outils numériques et digitaux de dernière génération et, dans le même temps, de s’entourer des meilleurs artisans, de travailler avec des constructeurs, des menuisiers, des serruriers, des peintres, des métiers manuels traditionnels. Cette polyvalence, cette diversité de médiums offrent une palette d’expression formidable.

Lumière

J’attache une importance toute particulière à la qualité de la lumière. Il s’agit d’instaurer un dialogue. Bien sûr, les éclairages révèlent, ils créent l’enveloppe, l’atmosphère, mais, ils permettent aussi de diriger le regard, de donner vie et consistance à une architecture, aux installations. C’est un outil « vivant », immatériel, qui tantôt sert une narration, tantôt se fait le serviteur discret d’une image, le temps d’une fraction de seconde, d’une pulsation ou, à l’inverse, dans un mouvement très lent, presque imperceptible.

Collaborations

Dans un contexte où les métiers d’artistes sont en pleine évolution, il me semble nécessaire d’essayer de préserver un temps pour la réflexion et les expérimentations. Il m’est aussi très important de développer des collaborations artistiques fructueuses, de ne pas s’endormir, ni s’ennuyer ! Bien sûr, continuer à créer encore dans la mode mais aussi garder un œil curieux vers d’autres territoires. La musique, la scène, le travail autour de l’image. Pourquoi pas le cinéma ?